Discours de monsieur le maire lors de la cérémonie de commémoration du 8 mai

Article publié le 08/05/2021

Il y a 76 ans, l’humanité venait de découvrir horrifiée qu’elle pouvait s’anéantir elle-même. Cela malgré la dignité maintenue, l’adversité surmontée, la liberté reconquise, le bonheur retrouvé que nous devons à tous ces combattants et ces résistants.

La grande alliance de ces courages permit au général De Gaulle d’assoir la France à la table des vainqueurs. Par deux fois l’Allemagne a signé sa capitulation sans condition. Pour l’Europe, la délivrance est là, la guerre est finie. Enfin ! Après tant de souffrances et de désolation, après tant d’espérances et de luttes acharnées. Même les épreuves les plus douloureuses ont une fin. Même les tempêtes les plus dévastatrices s’achèvent. 76 ans plus tard, reliés par notre mémoire commune et épris de la même reconnaissance, nous nous unissons par la pensée et par notre hommage pour saluer le souvenir de celles et ceux qui ont combattu et abattu le fléau nazi.

Pour notre pays, rien ne fut simple, le combat prit de nombreux visages et la victoire mille chemins. Malgré les ardents soldats de Moncornet, d’Abbeville, des Alpes, de Saumur et tous « ceux de 40 », l’ombre de l’occupation, de la division, puis de la collaboration a jeté son voile obscur sur la France.

Il y a 80 ans, en 1941, les flambeaux de la résistance brillaient déjà. Le flot du refus et de l’espérance montait tandis que la répression forgeait son funeste souvenir à Chateaubriant, au camp de Souge ou au Mont-Valérien. La France libre recevait les ralliements des territoires ultramarins et poursuivait son inlassable épopée. Dans les sables de Koufra, elle nouait un pacte avec la victoire et par la voix du colonel Leclerc, regardait déjà vers Strasbourg. A l’instar d’Hubert Germain, dernier des compagnons de la libération, ce fut toute une jeunesse ardente et résistante qui refusa la défaite et l’asservissement, qui refusa de servir les desseins de l’occupant. Tous, ils ont permis à la France de retrouver sa splendeur.

Entendons les mots d’André Malraux : « Un monde sans espoir est irrespirable ». La victoire de 1945 est le succès de l’espérance, mais elle est aussi l’aube d’un nouvel effort collectif pour la reconstruction, pour la paix et pour l’Europe. Hier, comme aujourd’hui, face aux épreuves et aux crises du temps, la Nation française se tient debout, résiliente et pleine d’espoirs.

Unis et solidaires, souvenons-nous de l’adversité et de la liberté reconquise.

Jean-Claude Serres