Discours du maire lors de la cérémonie du 11 novembre

Article publié le 12/11/2021

C’était l’armistice le 11 novembre 1918, il y a 103 ans. Cet évènement, tant attendu puisque cette guerre devait être courte, redonnait l’espoir, l’espoir en la paix, en une paix définitive, puisque cette guerre devait être la « der des ders » après quatre années atroces de sang et de larmes. Quatre années d’horreur, d’angoisse, de souffrances, de privations. Quatre années qui virent disparaître plusieurs générations. Notre commune a d’ailleurs payé un lourd tribut à cette guerre. Il n’y a qu’à voir la liste des noms sur ce monument.

Votre présence citoyenne ce matin témoigne de votre attachement à cette commémoration et je m’en réjouis. Je me réjouis d’autant plus que les jeunes du village se joignent à cette cérémonie d’hommage à d’autres jeunes de l’époque qui sont tombés au champ de bataille pour sauver leur patrie. La France d’aujourd’hui ne peut et ne doit en effet pas oublier la somme d’héroïsme, de courage surhumain de nos soldats d’alors, ni les souffrances de leurs familles, ni la solidarité extraordinaire qui s’est faite jour dans les tranchées, comme dans l’ensemble du Pays. Elle ne doit pas, non plus, oublier ces soldats découragés par l’horreur de ces combats atroces, par l’incompréhension des ordres de leurs supérieurs et qui un jour refusèrent de combattre : eux aussi contribuent à notre mémoire collective. Parce que la paix ne dépend finalement que de nous, il convient d’enseigner aux jeunes générations qu’elle régresse quant se forme la haine de l’autre, qu’elle s’affaiblit d’une compétition absurde entre les peuples et, pire encore, qu’elle disparait quand la soif de vivre ensemble et de construire un monde de fraternité et de progrès s’amenuise.

103 ans après, cette guerre marque encore les populations des deux principaux belligérants, la France et l’Allemagne. Mais heureusement, petit à petit la conscience d’appartenir à un même continent, d’avoir des valeurs communes a fini par prendre le dessus. Une de ces valeurs majeures est la paix. Mais cette paix résiste-t-elle à ce monde en permanente ébullition ? Aujourd’hui, ou trop souvent hélas, les intérêts catégoriels, la finance internationale et la technocratie priment sur la politique ; l’Europe, cette belle idée de civilisation, il ne faudrait pas qu’elle devienne une tutelle à brimer les peuples. A l’heure ou des esprits mal inspirés veulent restreindre l’enseignement de l’histoire à l’école, nous devons, à fortiori, continuer de rendre hommage à nos morts. Les générations de demain doivent savoir qu’il fut un temps ou des Français se battaient pour ne pas tomber sous le joug d’une puissance étrangère, pour rester libres de leur destin, tout simplement ! Qu’importe que ces Français soient ou non les ancêtres de ces futures générations, ils demeurent le lien vertical qui nous relie à notre mémoire commune.

C’est pour que nos enfants ne soient pas infirmes de leur passé que nous nous trouvons ici pour rendre hommage à tous ceux qui ont participé au combat, 103 ans après la fin de cette atroce guerre, alors que la mémoire des derniers combattants s’est éteinte. L’Histoire n’est pas qu’une discipline scolaire, elle n’est pas non plus qu’une opinion, elle est surtout la mémoire d’un peuple. Un peuple sans mémoire est un peuple sans repère. Alors, plus que jamais, restons attachés à notre histoire. Continuons à honorer nos valeureux morts parce qu’ils ont, par le sacrifice de leur vie, un droit sur la nôtre. Je terminerai par cette citation d'Albert BRIE, écrivain philosophe : On trouve toujours l’argent pour faire la guerre, jamais pour vivre en paix.

Je vous remercie.